Archives pour la catégorie 5. Jardin paysager

5.2. Un jardin pour se recueillir (texte)

Dans le parc de Malmaison, Berthault, décorateur et paysagiste, élève en 1809 une stèle en forme de tombeau appelée monument tumulaire de la Mélancolie, dans laquelle il incorpore un relief de Girardon provenant du tombeau d’une princesse de Conti érigé à la fin du XVIIe siècle dans l’église Saint-André-des-Arts à Paris.

5. jardin paysager (texte)

Par opposition au jardin à la française incarné par Versailles, le jardin « à l’anglaise » rompt avec la volonté cartésienne de domination de la nature en proposant une conception idéalisée du paysage de campagne. Ici, on ne crée plus le jardin. On ne corrige plus la nature. On exploite et on souligne la présence d’éléments naturels remarquables : arbre rare, tronc torturé, ruisseau, étang, éboulis et précipice. Les reliefs deviennent des belvédères, les escarpements des grottes. La forêt à bois de chauffage et bois de construction devient bosquet. On laisse les arbres déployer leurs frondaisons en toute liberté. La prairie à brouter devient gazon tondu. L’étang de pêche devient lac d’agrément.

En France

En France, Le Marquis Louis René de Girardin, admirateur de Voltaire et de Jean Jacques Rousseau, crée le premier jardin « à l’anglaise » dans son parc d’Ermenonville.

L’engouement est tel que la reine Marie-Antoinette confie à l’architecte Richard Mique l’aménagement du jardin anglais du Petit Trianon de Versailles incluant le fameux « hameau de la Reine ». La création d’un jardin anglais est lancée à peu près au même moment à Bagatelle. Il ne s’agit plus alors de contrôler la nature mais d’en jouir.

5.1. Un jardin pour contempler (texte)

Si le jardin « à la française » relève de l’architecture, le jardin « à l’anglaise » est, lui, affaire de peinture, de point de vue « pittoresque ».

Les jardins s’inspirent très directement des grands peintres du paysage romain, Claude Lorrain et Nicolas Poussin. Créateur des jardins d’Ermenonville, premier jardin à l’anglaise sur le continent, le marquis René-Louis de Girardin compare la promenade dans un jardin à « une grande peinture mobile, se transformant au gré de la course des nuages, du passage des heures et du rythme des saisons » (1)

(1) Le jardin de Méréville, Jacqueline Salmon et Monique moser

5.2. Jardin paysager, jardin romantique (texte)

Le jardin à l’anglaise n’est pas qu’un espace naturel : c’est aussi un espace autrefois habité puis déserté. Ces traces de civilisation sont appelées des fabriques : ruines antiques ou gothiques, pyramides égyptiennes, pagodes chinoises, kiosques ottomans, pittoresques chaumières. Le désert de Retz marque les esprits avec sa colonne ruinée et habitable, le parc de Méréville alterne grottes et prairies tandis que le parc d’Ermenonville est placé sous la protection d’un temple inachevé. Autant de vestiges qui témoignent de civilisation disparues ou lointaines.