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4. Jardin royal (texte)

De tout temps, des princes se sont pris de passion pour la nature. Dioclétien prend plaisir à bêcher son jardin. Attale, roi de Bergame, fait admirer à ses amis les parterres qu’il laboure personnelllement. Quant à Alexandre le Grand, il récompense son jardinier en le faisant roi de la ville de Sydon (1).

Trois princes du moyen âge s’inscrivent dans cette tradition. Au XIIIe siècle, Robert II d’Artois, s’inspire des jardins de Sicile pour aménager à Hesden, dans l’actuel Nord-Pas-de-Calais, un gigantesque parc délimité par un mur d’enceinte, agrémenté de forêts et de jardins, d’un étang navigable, d’une gloriette, d’un labyrinthe, de fontaines, d’un cadran solaire monumental, d’automates… Au XIVe siècle, Charles V aménage de grands jardins à Paris dans ce qui deviendra le quartier du Marais et fait traduire en français le plus célèbre traité d’agronomie de l’époque : le Rustican de Pierre de Crescent. Enfin, au XVe siècle, le « bon roi René », souverain de Naples, s’inspire à son tour des magnifiques jardins de Sicile. Il fait aménager en son duché d’Anjou et son comté de Provence, des jardins fleuris où vivent des paons, des biches et même des lions et des léopards. 

A la fin du moyen-âge, le roi de France Charles VIII part conquérir le royaume de Naples. Il découvre à son tour les jardins italiens qu’il compare au « paradis terrestre ». C’est lui qui, à son retour d’Italie, lance définitivement la mode des jardins royaux d’abord dans les pays de la Loire puis, sous François Ier, en Ile-de-France, à Fontainebleau.

Le jardin est d’abord aménagé dans l’enceinte du château. Un ou plusieurs parterres sont créés sous les fenêtres du château ou entourés de terrasses surélevées pour que leurs motifs puissent être admirés de haut. A mesure que le royaume se pacifie, le jardin s’ouvre sur le paysage environnant.  Les murs d’enceinte disparaissent et sont remplacés par des canaux. L’eau empêche l’intrusion des animaux sauvages mais joue également une fonction esthétique (le château s’y reflète) et ludique (de petites embarcations y naviguent). Les jardins devenant toujours plus vastes, de grandes allées rectilignes sont dessinées. A partir de la seconde moitié du XVIe siècle, une allée centrale, plus large que les autres, est tracée dans l’axe du château.

(1) Le jardin  « qui repose l’oeil sans l’égarer » – Jean Pruvost

4.1. Un jardin pour divertir (texte)

A la Renaissance, le jardin se propose moins de susciter le recueillement et l’amour que de provoquer l’étonnement et l’amusement.

On y trouve des points de vue différents, des grottes, des jets d’eau, dont certains dissimulés derrière des constructions végétales, s’élancent soudain sous les yeux ébahis des promeneurs. Des automates s’animent et jouent de la musique.

Dès la Renaissance, on s’amuse beaucoup dans les jardins : dans le labyrinthe, au jeu de paume, au « paille-maille » – l’ancêtre du croquet – au jeu de bague qui consiste à décrocher un anneau, monté à cheval, avec l’aide d’une lance.

Les jardins sont également le lieu de grandes fêtes. Le château est alors mis en lumière, on joue dans le jardin concerts, des pièces de théâtre, des ballets, des facéties de fous et de bouffons. La soirée connait son point d’orgue au moment du banquet et du feu d’artifice.